Séminaire « Marx face au colonialisme »

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Rémy Herrera (CNRS, Centre d’Économie de la Sorbonne) donnera une conférence mercredi 26 SEPTEMBRE 2018 de 17h à 19h sur « Marx face au colonialisme » à la Sorbonne

Lieu : 26 SEPTEMBRE 2018 de 17h à 19h
Rémy Herrera
« Marx face au colonialisme »
Sorbonne
Amphithéâtre Lefebvre
Entrée conseillée : 14, rue Cujas,
Galerie Jean-Baptiste Dumas, escalier R, 1er étage

Fête de l’Humanité

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Rejoignez-nous à la Fête de l’Huma du 14 au 16 septembre !
Vous pourrez retrouver tous nos ouvrages sur notre stand avenue Simone de Beauvoir.
Exceptionnellement, Jean-Pierre Garnier sera des nôtres pour présenter son nouvel essai Émanciper l’émancipation, le samedi 15 à partir de 14h30.
Au plaisir de se rencontrer sur notre stand !
https://fete.humanite.fr/

 

Recension dans la revue Contretemps

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Les deux essais qui composent ce recueil – « Le fascisme allemand et Nietzsche » et « Le fascisme allemand et Hegel » – datent tous deux de 1943 et constituent des textes de combat à une époque où Lukács, réfugié en URSS depuis 1933[1], prend la plume contre ce qu’il appelle le fascisme allemand. L’utilisation du terme générique « fascisme » renvoie en effet à une catégorisation qui identifie sous un même concept le fascisme italien, le nazisme allemand, et plus généralement un certain nombre de traits idéologiques et institutionnels qu’il s’agit pour Lukács de définir en les indexant de fait sur la réalité du fascisme historique.

Ces textes sont traduits à partir de leur réédition dans un petit volume paru en 1948[2],Schicksalswende. Beiträge zu einer neuen deutschen Ideologie[Le destin bascule. Contributions à une nouvelle idéologie allemande]. Ils représentent tous deux comme un résumé des idées qui seront développées en 1954 dans La Destruction de la raison(sur laquelle Lukács travaille depuis le début des années 1930).  On y trouve ainsi sous une forme condensée les deux paradigmes autour desquels cette œuvre est structurée, le rationalisme – incarné par Hegel[3]– et son opposé direct, l’irrationalisme nietzschéen.

Avant d’entrer plus avant dans les thèses de l’ouvrage, il est nécessaire d’expliciter les enjeux du propos de Lukács. On reproche en effet habituellement à ce dernier le schématisme et l’idéalisme dont il ferait preuve, en élaborant une genèse purement intellectuelle du fascisme allemand[4], appuyée en outre sur des oppositions paradigmatiques trop grossières pour prétendre à une quelconque exactitude historique. Contre ce reproche, il convient premièrement de faire remarquer que Lukács ne prétend pas écrire une histoire scientifique – ce qui n’aurait de sens pour lui que d’un point de vue matérialiste – du fascisme allemand ni même de sa seule idéologie.

La perspective n’est donc en rien similaire à celle qu’entreprend par exemple Bourdieu quelques décennies plus tard dans L’Ontologie politique de Martin Heidegger en identifiant tout d’abord des transformations sociales, qui donnent naissance à une idéologie vague, élevée au rang de philosophie par Heidegger. La perspective de Lukács est quasiment symétrique : il s’agit de remonter au noyau logique de l’idéologie fasciste en étudiant l’histoire conceptuelle de ses précurseurs intellectuels. Le but n’est pas tant d’écrire une histoire réelle que de mettre au jour les solidarités conceptuelles et la dynamique de radicalisation de l’irrationalisme.

Pour ce qui est de l’histoire effective de la réalité fasciste,  Lukács adhère tout à fait au schéma explicatif dégagé par la IIIe Internationale (Dimitrov se trouve d’ailleurs cité, de manière inexacte, à la page 60) mais ce n’est pas d’une explication objective dont il est question pour lui. Tout comme il le fait dans la Destruction de la raison, il explicite les principes idéologiques du nazisme en tant qu’ils constituent la cible première du travail de l’intellectuel. Ce dernier, engagé dans la bataille idéologique et culturelle, est nécessairement contraint, par souci de cohérence, de conférer à cette idéologie une importance, fût-elle minimale, sous peine de priver son propre travail de toute signification. De là également le caractère schématique des thèses en jeu puisqu’il s’agit de revenir au noyau principiel de l’opposition entre fascisme et rationalisme. Lire la suite…

Recension dans le Monde Diplomatique

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A lire dans la rubrique « Les livres du mois » du Monde Diplomatique de mai, une recension de Nietzsche, Hegel et le fascisme allemand de Georg Lukàcs.
Cet ouvrage réunit deux brefs essais rédigés en 1943 et consacrés l’un à Friedrich Nietzsche, l’autre à Georg Wilhelm Friedrich Hegel, les deux philosophes étant interrogés sur ce qui peut relier leur pensée à l’idéologie nazie. Lukács y jette les bases de ce qui sera quelques années plus tard La Destruction de la raison. Il oppose, sous une forme polémique, Nietzsche comme précurseur — génial — de la pensée fasciste à Hegel, qui représente son adversaire absolu. Fondamentalement, la question du rationalisme est au cœur de ce travail, dans son opposition à une forme d’intuitionnisme aristocratique et intrinsèquement arbitraire. L’analyse est rapide, et on pourra reprocher à Lukács quelques raccourcis. Ces textes témoignent toutefois d’une volonté remarquable de souligner les enjeux politiques des discussions philosophiques à première vue les plus abstraites, à l’heure où on tend à étrangement les dissocier.

https://www.monde-diplomatique.fr/2018/05/FONDU/58668

Recension dans le Monde Diplomatique

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A lire dans la rubrique « Les livres du mois » du Monde Diplomatique de février, une recension de Ce que tout écologiste doit savoir à propos du capitalisme de Fred Magdoff et John Bellamy Foster.

 

Avis à tous ceux qui croient encore aux vertus d’une « transition écologique » pouvant faire l’économie d’une transition vers le socialisme. C’est à eux que s’adresse cet ouvrage, synthèse claire de ce que la pensée critique anticapitaliste appliquée à la crise écologique a produit de meilleur outre-Atlantique. Le capitalisme peut-il virer au vert ? Non, répondent les auteurs, montrant que les problèmes environnementaux majeurs ne peuvent se résoudre par des moyens technologiques tant que les rapports sociaux existants restent intacts. Même si les circonstances historiques les ont jusqu’ici empêchées de se rencontrer, les finalités de l’écologie (durabilité) et du socialisme (égalité réelle) sont indissociables. Le livre refermé, on aura compris que la « voie de la destruction planétaire » restera grande ouverte tant que perdurera le capitalisme. Optimistes, les auteurs invitent à en emprunter une autre, détaillée dans le chapitre final, qui, tirant les leçons des révolutions avortées du siècle passé, propose de « nouvelles possibilités d’émancipation humaine et de justice écologique ».

Jean-Pierre Garnier à Europe 1

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Jean-Pierre Garnier était l’un des invités de Frédéric Taddeï sur Europe 1. Le thème de l’émission était  « Le Parti Socialiste peut-il encore nous étonner ? »

 

 

L’Humanité dossier spécial Gramsci

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Antonio Gramsci, « pour nous, vivants, dans la clarté cendrée », comme l’écrit Pier Paolo Pasolini dans le recueil que le poète et ­cinéaste a consacré au dirigeant du Parti communiste italien dans les années 1950 (1). Assassiné à petit feu par le régime de Mussolini, il meurt le 27 avril 1937 après une dizaine d’années d’incarcération et d’hospitalisation sous surveillance le conduisant de Turi à Rome en passant par Civitavecchia et Formia. Ses cendres reposent, dans le quartier du Testaccio, au cimitero acattolico di Roma, non loin des tombes de Keats, de Shelley et d’Antonio Labriola, l’un des premiers représentants du marxisme italien.

« Nous devons empêcher ce cerveau de fonctionner pendant vingt ans », avait déclaré le procureur fasciste dans son réquisitoire contre le militant, écrivain et journaliste communiste, accusé de conspiration, d’incitation à la guerre civile et à la haine de classe par le tribunal spécial pour la sécurité de l’État de Mussolini, en 1928. Il sera condamné à vingt ans de réclusion, le 4 juin de la même année, peine finalement réduite de moitié, le but atteint. Libéré le 21 avril 1937, rongé par la maladie, il meurt d’une hémorragie cérébrale quelques jours plus tard, à l’âge de 46 ans.

À la déconvenue de ses geôliers fascistes, il laisse dans ses Cahiers de prison, en plus de celui parsemant ses articles et ses interventions publiées pendant ses années de liberté (2), un florilège d’idées et d’analyses essentielles à notre temps, mettant la volonté ­collective – contre le fatalisme économique social-démocrate ou social-bureaucratique – et la lutte intellectuelle et culturelle au centre du combat contre l’exploitation capitaliste et la société de castes et de classes. Hégémonie culturelle, classes subalternes, État élargi, révolution passive, bloc historique, philosophie de la praxis, historicisme, césarisme progressif et régressif, guerre de position et de mouvement, intellectuel organique… autant de concepts qui portent la signature de Gramsci, pour reprendre la formule deleuzienne, dans lesquels vont puiser aussi bien les philosophes marxistes contemporains et les théoriciens du « populisme de gauche » que, mais à contre-emploi quant à la fin poursuivie par l’intellectuel communiste, les représentants de la pensée néolibérale et réactionnaire. Lire la suite…